Gnac of the day
Aujourd'hui, cette page a été vue 143 fois.
Ecrire un message | Recherche
Le 25/09/2003 à 19h46 (213.103.**.**)
jc à lionel et autres -
lionel je te conseil de te trouver la somme des textes de Gainsbourg : "Mon Propre Role" au editions Denoël. Y'a 2 volumes, les textes sans la musique c'est vraiment...fulgurant!

"aucun nouvel "artiste" de poids n'ait émergé ces 20 dernières années parmi le personnel politique. J'attribue ce phénomène au fait que redécrire le monde et la société aujourd'hui de façon cohérente et proposer de nouvelles voies me semble extrêmement difficile tellement le monde est devenu complexe. Cela réclame également, à mon sens, de penser autrement que pendant tout le siècle dernier, ce à quoi bien des gens ne sont peut-être pas prêts." Il y a aussi la question de l'influence des politiciens sur les autres. Les politiciens sont intimement liés à des entreprises qui elles sont liées reciproquement à la politique, il ne peuvent plus se permettre de prendre des risques moyennant quoi ils s'exposent à quelques ennuis de toutes parts. Et un politicien qui a du charisme, de l'influence prend forcement des risques. Lionel, que voulais tu dire par "penser autrement"?

J'ai eu un devoir d'histoire ce matin et j'y ai mis une citation de Coluche à propos du capitalisme : "le captitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme" . Citation raccrochée au Taylorisme pour pas trop le vexer non plus . Si il y a des profs dans le forum ou plus simplement des gens de bons conseils, vous croyez que j'ai bien fait?

Le 25/09/2003 à 19h25 (80.11.***.***)
Nebo -
"Ceci est peut-être mélancolique — mais peut-être bien ne l'est pas." Saint Exupéry

Le 25/09/2003 à 19h21 (213.46.***.***)
Lionel - PS @ Fox -
Merci de ton éclairage sur la promotion de textes comme ceux de Saint-Ex par Nebo qui m'a paru clair et pertinent. Merci également pour la référence à Guillaume Depardieu dont j'essayerai d'aller consulter les textes et compilations.

Le 25/09/2003 à 18h52 (213.46.***.***)
Lionel @ Philoctète -
Je te donne bien volontiers acte de ma méprise sur ton propos qui semblait rebondir sur le mien mais qui, c'est maintenant plus clair, signifiait autre chose. Il est vrai que si nous dialoguons ici de façon généralement fort stimulante à mon goût, nous poursuivons aussi chacun notre propre récit et c'est bien normal.

Concernant ton autre propos, je n'y avais pas répondu parce que je n'étais pas sûr d'avoir compris (je ne regarde plus les Guignols depuis pas mal de temps) et aussi parce qu'il me semblait déplacé pour ne pas dire plus. Tu sembles dire que lorsqu'on est un personnage public, c'est être bien mauvais coucheur que de ne pas apprécier avec l'humour qui sied d'être accusé (très sérieusement) de viols et d'actes de barbarie, ou à tout le moins qu'il faudrait rire lorsqu'une telle affaire est reprise par des humoristes. Je ne suis vraiment pas de cet avis, et en resterai là pour l'instant.

Je suis plus sensible à ton évocation de "Djamel" et j'ai été troublé à la fois par sa mort et par le fait que lorsqu'il était vivant, le système fait qu'il n'avait qu'une identité floue, alors que c'est au moment où il meurt que nous sont dévoilés son nom (Pierre-Olivier) et son visage qui dégage surtout un appétit de vivre.

Là où je ne partage pas tes vues, bien entendu, c'est cette manière de trier entre égarés fondamentalement bons et personnages publics qu'il faut nécessairement soupçonner de turpitudes et de basses intentions, et cette manière de cultiver le pathos. Tu auras sans doute compris que je pense que c'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire pour améliorer les choses. Je ne pense pas non plus que les difficultés excusent vraiment les accrocs sérieux à l'éthique et à la dignité (en l'occurence, comme tu l'as dit, accuser quelqu'un des pires forfaits dans une optique lucrative). Enfin j'apprécie la référence à Edith Piaf, et ton expression "abimes d'humanité" est curieuse, à la limite de l'oxymore, la contradiction dans les termes, mais intéressante. Oui, la souffrance est sans doute une condition de l'humanité, mais c'est aussi la façon dont on la surmonte, la façon qu'on la retourne pour en faire une force de bien (et non sa magnification victimiste) qui complète cette condition humaine assumée. Et ("déjà dit" comme dit souvent Outcome) :
Tout être humain est fondé
Tout être humain est fondé dans sa souffrance
Tout être humain est fondé dans la souffrance de tous les autres
qu'ils s'agisse de ceux qui bénéficient de ta sympathie ou de ton antipathie.

Signaletic, je te rejoins pour déplorer qu'aucun nouvel "artiste" de poids n'ait émergé ces 20 dernières années parmi le personnel politique. J'attribue ce phénomène au fait que redécrire le monde et la société aujourd'hui de façon cohérente et proposer de nouvelles voies me semble extrêmement difficile tellement le monde est devenu complexe. Cela réclame également, à mon sens, de penser autrement que pendant tout le siècle dernier, ce à quoi bien des gens ne sont peut-être pas prêts.

Le 25/09/2003 à 18h20 (82.67.***.**)
Philoctète @ signaletic -
C'est vrai qu'il y a quelque chose de troublant dans l'utilisation du Zenith par Sarkosy, une autre chose m'a interloqué: ses gestes. Il n'est clairement plus lui-même, mais l'image qu'il se donne de lui-même. Son masque est descendu jusqu'au bout de ses doigts. Je doit avouer que je n'ai jamais beaucoup aimé Sarkosy, mais à présent il m'inquiète. Son désir d'être aimé s'est reporté sur ses troupes policières, mais quand on rassemble ainsi ses agents, c'est que l'on a un objectif commun, or quel est cet objectif? Garantir le droit républicain? Devenir un modèle de citoyenneté? ou de rigueur? Etablir une justice souveraine? Nettoyer la nation? Pourquoi les a t'il rassemblé et que nous prépare t'il? Je reste persuadé que son objectif reste de criminaliser la société civile francaise, en la rendant coupable de ses simples gestes ou de ses intentions. Criminaliser le petit délinquant, la prostituée, le fraudeur, le drogué, le sans papier, puis tous ceux qui les hebergent, les soignent, les acceuillent. Puis criminaliser le mauvais conducteur, le mauvais internaute, le mauvais journaliste, le mauvais témoin,le mauvais passant. C'est à dire que chaque action, chaque geste coupable, devienne un crime, laissant par là une entière liberté d'action à la police pour ficher, garder à vu, etc... La France à un lourd passé pour ces pratiques, elle peut même être considéré souvent comme l'inventeur de ces pratiques, autant qu'elle peut l'être du droit et de la liberté. Tout cela ce sont ses gestes qui me l'ont dit, ses gestes pincés et faux et son masque stupide.

Le 25/09/2003 à 17h51 (82.67.***.**)
Philoctète @ Lionel - theorema@free.fr
Un clown n'est jamais ironique, il est sincère, car seule la sincérité désarme et puis bouscule.

Le 25/09/2003 à 17h40 (82.67.***.**)
Philoctète @ Lionel -
Le roi seul sait entendre ses bouffons... Je n'avais pas relié mon message à la question du nom et du statut, je m'étais juste amusé qu'Il s'appelle Louis, rendant l'usage du prénom encore encore plus flatteuse que le nom pourtant discrètement ommit. Mais Lui, Il m'a compris, et je l'en remercie chaleureusement car l'humour est risqué de nos jours. A ce propos personne n'a rebondit sur mes lourdes remarques sur les clows... Alors que celui dont je parlais est curieusement mort le même jour, étouffé... J'aimerais rendre un petit hommage postume à celui qui se disait fils de Michael Jacson, autant dire fils de Dieu, et qui racontait connaitre très intimement Blair et Baudis. Ici, je ne fais pas de l'humour, mais je m'attendris. Il est mort etouffé et hais par la France entière pour quelle raison, pour avoir voulu défendre les paroles d'une prostitué. OK, il y avait de l'argent dans l'air, OK, ils ont pu être manipulé, mais aviez vous lu l'article dans libé sur cette Patricia? Il y a des vies moches, il y a des vies pauvres et sales, sans dignité ni richesse. Y a t'il quelqu'un pour rappeller l'écart qu'il y a entre les vies, les mondes des Baudis et des Blair et celles de ceux qui les ont blasphémés? C'est l'histoire du bouffon qu'on renvoie un jour dans sa misère, une fois qu'il ne plait plus, c'est l'histoire de quelques instants ou fortune et pauvreté se sont regardés. Après sa confrontation avec Patricia, Baudis livide a dit: "elle a détournée son regard". Plus jamais ils ne se rencontrerons, chacun renvoyé dans son monde où l'autre n'existe pas.

Ce matin j'ai regardé un reportage sur Edith Piaf, et quoi qu'on dise, elle avait du coeur, elle avait ce quelque chose qui rejoignait ces deux mondes, son mari expulsait les SDF qu'elle recevait, elle voyait l'humanité au fond des yeux des autres. Mais je ne veux pas faire de nostalgie, je veux parler de ces abimes d'humanité que l'on cotoit tous les jours sans jamais les remarquer.

Le 25/09/2003 à 16h39 (212.83.***.**)
signaletic -
( si j'ai eu l'air enervé : tout ça c'est pour rire ... )

Le 25/09/2003 à 16h29 (212.83.***.**)
signaletic -
Voici peut être comment recycler les techniciens des Décodages TV passés à la trappe : le super-show de politicien !
Les faits : ce fut une première : Sarko s'est fait son zénith, à lui tout seul, et sans musiciens, comme un Steve Jobs, ou un Guy Bedos... Pourquoi pas, du moment qu'il soit bon orateur (il semblerait que ce fut le cas...), et que le fichier Power Point soit à la hauteur... (Je n'ai rien contre l'innovation, au 21e siècle il serait temps d'utiliser ce programme du Pack Office (r) Microsoft, toujours remisé par la plupart de ses (très nombreux) acquéreurs qui se contentent de Excel et Word à 99%. Même si d'autres programes sont arrivés depuis, bcp plus performants... toutes plate-formes confondues).
Mais là où ça me gêne, c'est que l'audience a répondu non pas à des invitations, mais à des convocations (Louis prépares-tu le listing pour ton Olympia ? qd tu vas nous convoquer, les frais de déplacement seront-ils pris en charge ? ) puisqu'il s'agissait du personnel de la police. (Ce fut le service d'ordre le plus performant de l'histoire du show-biz !)
Et ce qui est un peu contrariant aussi, c'est de constater qu'aucune "nouvelle scène" (artistique, si ça existe) n'est apparu depuis une ou deux décennies, parallèlement à ce déploiement avéré de Force de l'Ordre (à part un léger regain de la comédie musicale, limite entertainment)... C'est tout. Je constate.

Le 25/09/2003 à 15h44 (81.49.***.***)
-

Le 25/09/2003 à 15h15 (212.83.***.**)
signaletic -
Dans le registre de l'insignifiant (ma spécialité, mon dada... pardon, mon cheval de bataille !), j'ai oublié de préciser que tous ces DVD envahissants sont des "films d'action" (en attendant "les films d'inaction", minéraux, ou staring végétaux sans doute ?), qu'ils sont tous made in USA, et que sur les 50 proposés, il n'y en a peut être qu'1 qui ne foutrait pas la honte sur l'étagère dans mon salon... pourtant assez vide, vu les tarifs pratiqués en général en France)

SCOOP : Encore une décision politique subrepticement engagée dans le silence de l'été : considérant que soit les français sont trop précarisés pour justifier un statut de consommateurs, ou alors qu'un grand sens éthique s'est abattu sur l'ensemble des acteurs du commerce et des prestataires de service (logement, santé, etc.), devenus tous brusquement honnêtes, l'État et France 3 ont décidé de ne plus diffuser l'émission Décodages (le "télex consommateur" régional, hebdomadaire).
La gauche avait commencé une chirurgie au laser, et la droite fait table rase ! (Quand je pense qu'on en a encore pour presque 4 ans a subir ce néolibéralisme dévastateur... on aura fini de manger notre chapeau bien avant... d'avoir été 80% à pratiquer le "vote panique"...) Donc plus d'information libre à se mettre sous les mirettes, et le tissus associatif "de terrain" déstabilisé, bailloné quasiment. Sans parler des nouveaux techniciens/créatifs sur le carreau ... recyclés ? (et même pas intermittents puisque salariés pour la plupart).
Les "coupes sombres" les plus discrètes ne sont pas forcément les plus anodines !

Heureusement les camescopes sont partout : les voyageurs de la SNCF ont fait parti d'un reality-show exceptionnel cette semaine ! (passé en boucle sur toutes les chaînes) C'est pas la 1ère fois qu'un vidéaste fait du bon boulot, ni la dernière heureusement ...

Sinon, why not, pour les photos des intervenant(e)s du forum bleu... mais alors exclusivement les orateurs en contre-plongée, et avec des rayons convergents rouges et blancs, en arrière plan (comme un soleil pop)... (c'est la moindre des choses, non ? Profiter donc d'être bien bronzé(e)s alors...)

Le 25/09/2003 à 14h44 (212.83.***.**)
Fox @ Lionel -
Je crois que l'utilité de la promotion de ces textes, dans le sociopolitique d'aujourd'hui, c'est de montrer 1/que la plupart de ces problèmes ne datent pas d'hier (et qu'un regard vers le passé peut éviter de réinventer la roue, d'autant que certains se sont arc-bouté dans leur effort, pour tenter que leur message arrive jusqu'à nous...)
et 2/ que chacun, victime d'une lueur de lucidité se rende compte qu'il n'est pas tout seul dans son coin (que ce n'est pas une maladie honteuse... ) C'est comme ça que je suis bien content de savoir comment Léo Ferrer en est venu à chanter l'Affiche Rouge (qui mérite plus de commentaire, à l'évidence, que le dernier tube de Jenifer) Etc... L'archéologie et le futurisme élargissent mon quotidien, pas toi ?

Pour mettre en vis à vis du citoyen de Bricqueville-la-Blouette (Manche) voir les témoignages regroupés par Guillaume Depardieu (Net) sur "l'acharnement thérapeutique"... La mort est une conclusion, un "point barre", qui ne devrait pas empêcher les digressions sympathiques, l'aide à domicile, les soins et les égards, quelques années en amont ... Le problème hospitalo-hospitalier, en plus d'avoir été un vrai signal d'alarme, est qd même l'arbre qui cache la forêt : la rentabilité strictement culturelle des vieux est occultée, seule la charge sur la productivité est ressentie ...
A+

Le 25/09/2003 à 13h38 (213.46.***.***)
Lionel -
Sur l'autre fil de ces derniers jours, j'ai été bien content de revoir la signature de Nebo, mais le très long texte de Saint-Exupéry m'a été trop indigeste, même avec les notes de lecture de Fox. Le poème d'Aragon est beau et prenant, nettement plus accessible, mais dans un cas comme dans l'autre, que peut accomplir la promotion de ces textes dans le champ politico-social d'aujourd'hui ?

Nous savons déjà que c'est là où nous avons une petite divergence, cher Nebo, mais la référence à un tel texte de Saint-Ex et à d'autres du même type me semble porteuse surtout de nostalgie, semble dire, "Ah, si tout le monde pouvait avoir des valeurs de ce calibre et une élévation de conscience comme celle-là !". Je crois qu'il y a d'autres discours à tenir aujourd'hui pour faire avancer les choses, tout en respectant ton envie de partager ici avec le reste d'entre nous des textes de tous types qui te touchent.

Pas de réserve, en revanche, sur le texte de Gainsbourg cité par jc, merci jc ! Quel talent, quelle verve. Il faudrait que je m'achète ses oeuvres complètes avant de me remettre à écrire des chansons, c'est trop instructif et inspirateur !

Tout autre chose, une lettre de lecteur dans Le Monde daté de mercredi 24, qui exprime un point de vue qui m'est assez proche et que je voulais partager ici :

Pour avoir passé 35 ans de ma vie à recevoir des urgences dans un hôpital public, j'ai pu observer l'évolution des comportements, parallèlement à l'évolution du coût des dépenses de santé. [...]

La vie est une maladie mortelle. Cette simple vérité n'est plus assumée. Chaque fois qu'un patient décède à l'hôpital, la première question qui se pose est : où est l'erreur ? Pour la famille, ce proche ne devait pas, ne pouvait pas mourir. Il faut chercher l'erreur et surtout le responsable. Et les tribunaux deviennent les arbitres de cette anomalie sociétale qu'est la mort. Pour les soignants, la mort est également vécue comme un échec: chaque plainte, chaque jugement provoque immédiatement une nouvelle culpabilisation du soignant [...], une nouvelle procédure de soins immédiatement répercutée à tout l'Hexagone, et une nouvelle dépense. [...]

J'ai assité en 30 ans à une extraordinaire inflation des procédures, donc des coûts de soins liés à ce phénomène sociétal du refus de la mort comme issue normale de la vie [...]. Cette quête infinie de la survie a un prix, qui se traduit par une inflation énorme des moyens nécessaires tant en personnel qu'en matériel. Nous payons aujourd'hui le prix de la peur de vivre donc de mourir, le prix du refus de la condition humaine.

Si nous faisons ce choix de survie coûte que coûte, assumons-le sans hypocrisie et acceptons de payer. [...] Mais les moyens mis dans la santé ne seront pas disponibles ailleurs. Quel que soit notre choix, quel que soit le prix que nous accepterons individuellement ou collectivement de payer, la mort sera toujours le terme de la vie. [...] Prenons garde que la peur de la mort ne finisse par dévorer la vie.

Jean Sauvey
Bricqueville-la-Blouette (Manche)

Le 25/09/2003 à 13h02 (213.46.***.***)
Lionel (re: Nom propre) -
A Guitouche : Merci, j'ai beaucoup aimé ta réponse et puisqu'on parlait de noms, j'ai été ravi que tu fasses un commentaire sur celui que tu utilises ici ; depuis le début, moi qui suis assez obsédé du décodage, je faisais des hypothèses sur sa construction, hé hé !

A Nyto : En fait, je me suis probablement exprimé de façon pas assez explicite. Moi, non plus, je ne suis pas d'accord avec la thèse "jusqu'auboutiste" d'Outcome sur l'escamotage du nom propre pour s'exprimer publiquement, mais cet épisode me l'a fait mieux comprendre (ça n'étais pas trop clair pour moi jusque là) et je voulais la présenter clairement, parce qu'elle est intéressante, c'était ça mon propos.

Peut-être qu'Outcome, comme beaucoup d'autres (depuis Platon ?), cherche trop une Vérité extérieure aux individus, qui pourrait s'exprimer dans sa "pureté" si l'on pouvait la débarrasser des attributs de celui qui parle. De mon point de vue, on ne peut pas dissocier. Chaque parole est une part de récit de celui qui s'exprime. Elle contient des vérités universelles, des particularités "locales", des manifestations d'émotion, etc. La thèse vers laquelle je tends, plutôt contraire à celle d'Outcome, c'est qu'il faut viser non pas à dépouiller le récit des attributs de celui qui parle, mais à ce que chaque individu puisse exprimer son récit de la façon la plus cohérente possible.

Et ce récit, comment va-t-on l'appeler, le référencer ? Du nom de celui qui l'exprime, what else ? Chacun fait comme il veut, mais de mon côté, en signant toujours Lionel, je construis le récit qui m'est propre, en ne cessant d'en examiner toutes les pièces, de les rendre plus nettes, d'en assembler patiemment le puzzle pour parvenir à une cohérence qui dise vraiment quelque chose.

En outre, ces attributs de statut, de rôle, etc. dont nous parlions, je crois qu'ils ne sont jamais vraiment usurpés, mais au moins partiellement (voire largement) mérités. Ils ont été gagnés et l'individu a payé pour (he's paid his dues). Il n'est donc pas nécessairement pertinent de faire comme s'ils étaient accessoires et de vouloir les évacuer pour parvenir à plus de vérité.

Enfin, j'apprécie évidemment ta référence à JJ Goldmann et précisément cette citation avec laquelle je me sens aussi totalement en phase (va comprendre, Charles ! [si, si, c'est cohérent ]). J'ai toujours ressenti Goldmann, toutes proportions gardées et même si cela peut paraître présomptueux, comme quelqu'un me ressemblant beaucoup, aussi bien sur le plan de l'esprit que de la voix et du style de musique.

Pour être complet sur cette question, j'ai bien noté l'ironie inhabituellement lourde (une journée difficile, peut-être ?) de Philoctète ("J'aime beaucoup l'éloge de Lionel au roi [...]") qui visait à suggérer que, quoi qu'on en dise, le statut était prépondérant, notamment dans mes propos. Peut-être lui aussi a-t-il cru que je reprenais moi-même la thèse d'Outcome. Je redis qu'il n'en est rien. L'expression de chaque individu, l'attitude de chacun de nous vis-à-vis des autres est gouvernée par de nombreux paramètres dans lesquelles entrent toutes ces choses-là, le statut, le rôle, mais aussi des sentiments, un solde (débit/crédit/net), etc.

Le 24/09/2003 à 20h47 (81.49.***.***)
Nebo -

Dans ce cas voici un poème de Louis Aragon...il s'appelle "L'affiche rouge" et parle de Partisans d'origine étrangère s'étant battu pour ce pays qui est le nôtre.

Pour connaître l'histoire authentique qui a inspiré ce poème que Léo Ferré a mis en musique, allez ici : http://www.netarmenie.com/histoire/dossiers/missak/index.php">L'affiche rouge

Pour lire la lettre qui a, également, inspiré le poème, allez ici : http://www.netarmenie.com/histoire/dossiers/missak/lettre.php">Dernière lettre d'un résistant avant de se faire exécuter par les nazis

Voici le poème :

"L'affiche rouge

Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient "la France" en s'abattant

LOUIS ARAGON"

Une précision : "Erivan" est la capitale de l'Arménie. On dit aussi "Erévan"...

Bonne lecture à vous ! La Culture et le Savoir sont des ARMES.

Le 24/09/2003 à 20h32 (213.103.**.***)
jc à fox -

Le 24/09/2003 à 17h03 (212.47.***.***)
Fox -
Claudia Alexander ou Gainsbourg... c'est toujours de la poésie ... (avec un grand < P > )

Le 24/09/2003 à 15h25 (213.103.**.***)
jc à fox et tout le monde -
Merci des renseignement, pour le fan d'astronomie que je suis, ça troue le cul .
Bon alors la voici la "recette de l'amour fou" (par S.Gainsbourg) vous connaissez surement mais bon c'était si beau et rigolo que...
Dans un boudoir introduisez un coeur bien tendre
Sur un canapé laissez s'asseoir et se détendre
Versez une larme de Porto
Et puis mettez vous au piano
Jouez Chopin
Avec dédain
Egrainez vous accords
Et si il s'endort
Alors là mettez-le dehors

Le second soir faites revenir ce coeur bien tendre
Faites mijoter trois bon quarts d'heure à vous attendre
Et si il n'est pas encore parti
Soyez en sur c'est qu'il est cuit
Sans vous trahir
Laissez frémir
Faites attendre encore
Et si il s'endort
Alors là jettez-le dehors

Le lendemain il ne tient qu'à vous d'etre tendre
Tamisez toute les lumières et sans attendre
Jouez la farce du grand amour
Dites "jamais" dites "toujours"
Et consommez
Sur canapé
Mais après les transports
Si il s'endort
Alors la foutez-le dehors

Le 24/09/2003 à 14h51 (212.47.***.***)
signaletic -
A propos de "l'homme que l'on alimente en Culture de confection, en culture standard" il y a en ce moment une braderie sur des DVD à moins de 3 euros dans un web-shop. Et j'ai été stupéfait de voir que 50 films sans AUCUN INTERET (ni artistique, ni ludique, ni érotique, rien) poursuivaient une carrière DVD après celle en VHS.
Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est une question de goût : ce sont des nanars formatés violence/horror parfaitement commercialisables, et justement efficaces pour abrutir les neurones des jeunes et des moins jeunes (les tout-petits sont "protégés", et les vieux ne se laissent plus emmerder...)
Des milliers d'exemplaires vendus dans mon dos (je zap ce créneau) : de quoi sinistrer des hectares de psychisme !("abrutir" dans le meilleur des cas... pervertir ou polluer, le plus souvent : pendant qu'on s'occupe avec ça, on ne laisse pas la place à autre chose, c'est ou l'un ou l'autre...)
Je voyais bien des silhouettes la nuit, au coin de ma rue, rôder près du distributeur de K7, comme une secte (signe distinctif : ses membres ont l'habitude de se garer en laissant le moteur allumé)... je sais maintenant ce qui occupe leur imaginaire (et c'est un choc pour moi ! Epouvantable...)

Le 24/09/2003 à 14h13 (194.196.***.***)
Pioupiou -
http://www.bertignac.com/forum_aide/index.html','_blank','toolbar=0,location=0,directories=0,status=0,scrollbars=0,resizable=0,menuBar=0,width=520,height=185');">Aide

Le 24/09/2003 à 14h05 (212.83.***.**)
Fox @ JC -
"set the controls for the heart of the sun" ?
Quand tu pars pour Jupiter t'as pas interet à oublier quelque chose (le sel ou la mayonnaise, tes clefs etc) parce que c'est 14 ans aller et 14 ans retour !!! (donc pense à prendre de la lecture : 28 ans le voyage, dans l'état actuel de nos moyens de propulsion... et presque 56 si tu as fait une fausse manip et que tu reviens chercher ta compile de Bjork restée à la maison ... maison ...maison ...maison)

"La sonde de 1,35 tonne a ainsi été propulsée dans l'atmosphère brûlante de Jupiter à une vitesse de 48,2 kilomètres par seconde (soit 172 800 km/heure) et s'est désintégrée quelques minutes après. La destruction programmée de Galileo met fin à un périple de 4,63 milliards de kilomètres débuté en octobre 1989 par son lancement à bord de la navette spatiale Atlantis.

En fait, Galileo n'ayant pas été traitée contre les microbes, la NASA a préféré ne pas courir le risque de voir l'engin s'écraser sur Europa, l'une des lunes de Jupiter. La sonde se présentait effectivement comme une véritable "bombe" bactériologique pour cet environnement "extra-terrestre" et risquait de le contaminer.

Claudia Alexander, le chef du projet Galileo, s'est félicitée de la mission finale de la sonde qui a transmis jusqu'à la fin des informations précieuses sur l'atmosphère de Jupiter. Selon cette dernière, la sonde a "accompli un travail extraordinaire et c'est une belle fin".

Ses passages à proximité de Europa, Ganymede et Callisto, trois des lunes de Jupiter, ont également dévoilé les détails de leurs surfaces glacées. Selon de fortes probabilités, celles-ci recouvrent des océans d'eau salée pouvant abriter des micro-organismes. Selon Claudia Alexander, chef du projet Galileo, "c'est la première fois qu'on découvre un océan depuis 500 ans, le précédent était le Pacifique".

Au cours de ces 14 années de mission, Galileo a permis de prendre plus de 14 000 photos, montrant notamment des volcans géants en éruption de la lune Io, astre géologiquement le plus actif du système solaire. La sonde a également été la première à frôler un astéroïde et à découvrir l'existence d'une lune autour de celui-ci. Elle a également été le seul témoin direct de la collision surprise de la comète Shoemaker-Levy avec Jupiter en juillet 1994."

Le 24/09/2003 à 12h50 (213.103.*.***)
jc à tous -
heu...si quelqu'un peut m'expliquer comment on fait des saut de lignes, des retour a la ligne, je met la recette du grand amour sur le forum bleu!!! Et mes messages seront du coup plus lisibles egalement Think's

Le 24/09/2003 à 12h39 (213.103.*.***)
jc à fox et ceux qui veulent lire -
Fox : "On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour." Ca va peut etre faire un peu niais ce que je vais dire mais tant pis, est-ce qu'on a pu vivre sans dans une vie d'homo sapiens-sapiens que l'on est? Je ne crois pas . Après c'est une question de but, certains s'accommodent très bien a tout les antipodes de ta citation de St-Ex. Pour le probleme "de la tete du client qui parle", ce serait dommage de gacher cet anonymat. On reçoit tellement d'images au quotidien...Et pi ça a un certain charme de ne pas savoir à qui on parle tout en anticipant parfois ce que l'interlocuteur va dire (c'est ce qui m'est arrivé avec quelques mails envoyés à un animateur du forum ). Le risque aussi avec la photo, c'est de regarder l'image avant le message et la on oublie le principe du forum, l'échange d'idées. Tient j'envoie une image d'ailleurs, sans raison particuliere . Allez salut!

Le 24/09/2003 à 11h42 (194.196.***.**)
-
Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve.
Antoine de Saint-Exupéry

Le 24/09/2003 à 07h59 (212.11.**.**)
Wolfie -
Bonjour,
Face à nos exhutoires païens, quoi de mieux qu'un St Exupery. Merci Nebo.


Premi�re pagePage pr�c�dente 745 746 747 748 749 750 751 752 753 754 755 Page suivanteDerni�re page

La reproduction ou l'utilisation de tout ou partie des propos ?crits sur ce forum est interdite sans autorisation ?crite de leurs auteurs.