Gnac of the day
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Le 22/03/2017 à 17h55 (78.239.**.***)
wam@scalp -
salut...ben j'avais pensé à cette option effectivement, puis je me suis dit le nabot hongrois ne devait pas être bien loin non plus, "tellement que Fillon lui a mis une branlée au primaire, tellement qu'il ne supporte pas l'échec ou la défaite, tellement qu'il ne peut blairer son ex-1er ministre "... je me suis dit...cela peut être une option aussi...  

Le 19/03/2017 à 21h44 (88.189.**.***)
Nebo -
Le politiquement correct c'est du Stalinisme doux... avec le même objectif... mettre au pilori les personnes accusées de choses absurdes !

Le 19/03/2017 à 14h50 (78.241.***.***)
Emma@Scalp -
"Procès stalinien..."
Pfff, va prendre ta camomille, drama-queen

Le 10/03/2017 à 16h59 (89.225.***.*)
zoby zarwed -
j'ai croisé des autistes qui étaient completement fermés sur eux mêmes.

Le 10/03/2017 à 16h58 (89.225.***.*)
zoby zarwed -
Bien entendu...

Le 09/03/2017 à 18h07 (83.155.**.***)
scalp@wam -
Ben , ça vient de l'Elysée qui veut voir son poulain Macron passer au second tour devant Fillon non ?

Le 09/03/2017 à 07h33 (78.239.**.***)
wam -
Re...ben "même dire je ne suis pas renfermé comme un autiste" comme je l'ai écrit en dessous visiblement tu vois ça ne se dit pas non plus...c'est comme ça...et c'est le contexte éthique politiquement correct que ces gars là ont eux mêmes pondus...dc je les trouve pris à leur propre "piège"...ceci étant dit si on parle de qqun (sans faire mon relou de service moraliste) autant le faire en nommant son prénom plutôt que son handicap sa pathologie ou ses carences non?!? 
il aurait mieux fait de dire "je ne suis pas con"cela aurait été bcp plus simple pr lui

Pour le reste je suis complètement ok avec toi sur tes comparaisons de traitement...cela re souligne justement le contexte tout azimuths ds lequel cette campagne se trouve et encore une fois l'éthique et la transparence à outrance que les politiciens veulent affirmer aujourd'hui...quitte à jouer un "jeu dangereux" pr leur carrière...d'ailleurs les affaires semblent pleuvoir sur un peu tous les candidats et je pense que nous ne sommes pas au bout de nos surprises...pr le cas Fillon il s'est auto promu chantre de l'éthique, il en récolte les fruits aujourd'hui, tu ne poses pas la question d'où ça vient cet "acharnement" sur lui? moi j'ai une petite idée....  

tchuss

Le 08/03/2017 à 16h08 (195.137.***.**)
scalp@wam -
Il s'agit d'un procès stalinien.

Il n'a pas dit "je ne suis pas un con d'autiste."

Il a dit : "je ne suis pas autiste" , au sens ou tout le monde (normalement constitué) devrait comprendre : "je ne suis pas renfermé sur moi-même, je prends en compte, j'écoute ce qu'on me dit".

Toute autre interprétation de ces propos est parfaitement ridicule et de mauvaise foi.

Pour ce qui est de choquer l'opinion, Fillon, c'est "une paille" comparé à Macron. Parce que si on va dire en Algérie que la colonisation était un crime contre l'humanité, dans ce cas que dit-on aux victimes de 'holocauste ? Vous avez été victime d'un crime contre l'humanité au même titre que les Algériens ? l'Etat Français s'est conduit de la même manière avec vous que les nazis avec les Juifs. C'est extr^mement choquant et insultant. De mon point de vue, il pourrait être poursuivi pour de tels propos.

Le 08/03/2017 à 00h34 (78.239.**.***)
wam -
Bah tt simplement parce que ds le contexte sociétal que décrit Nebo avec ses exemples métaphoriques sympas et rigolos pr nous entre nous et dans une discussion... (bon moi j'ai un pbm /blocage j'avoue avec sa dernière vanne sur le fait de se faire entuber au propre ou au figuré et qu'en plus ce serait agréable...P  bon mais c'est tout...) mais ces exemples décrivent justement que la bien pensance, judiciarisation extrême de tout etcetc ne permettent pas de dire "je suis pas autiste" au sens "je suis pas con"...il aurait dit d'ailleurs "je ne suis pas con etcetc" (en gros) ce serait passé "fraise crème"... Puis l'autisme n'est pas un manque d'intelligence en soi cela se caractérise plutôt par l'altération de la communication et une interaction sociale atypique (entr'autres)... Ensuite il a été lui même le 1er ministre d'un gvnmt qui a développé les "premiers plans autisme">>> plan quinquennal de développement des moyens d'accompagnements des personnes autistes... fonds, formations, recherches, créations d'établissements etcetc...(Plans accompagnés chaque fois, d'ailleurs, de recommandations de bonnes conduites et pratiques de la Haute Autorité de Santé remises -fourni ds un manuel renouvelé/remis à jour à chaque Plan- et qui est en gros "la référence éthique juridique" .)...

Bref....Sur le plan intellectuel c'est vrai en tant qu'expression du langage  "je suis pas autiste" ou "fais pas ton autiste" ("te renferme pas ") peut se penser certes mais visiblement se dire  moins ...et sur une scène politique ben pas du tout...et au pied du mur comme il l'est actuellement ( y'aurait d'ailleurs encore aujourd'hui une histoire de 50000 euros pots de vins bidules versés "par un ami" etcetc) il aurait plutôt intérêt à présenter qquechose "à manger" aux électeurs plutôt que de communiquer aussi maladroitement...  

Bref tt ça pour dire que ça me fait moyennement rire, à l'image de cette campagne dite présidentielle que je trouve terne, moche, aberrante(??) vide...je sais pas...c'est assez indescriptible encore pour moi aujourd'hui...

Moi j'attaque personne, juste je constate et me demande d'ailleurs si juste concernant Fillon c'est de la réelle bourde ou de la tactique politique pour faire parler de lui...? ou un suicide? 

tchuss

Le 07/03/2017 à 18h39 (83.155.**.***)
scalp@wam -
En quoi le fait de dire que l'on est pas autiste est une marque d'irrespect envers les autistes ?

cette ligne d'attaque est parfaitement ridicule et indéfendable.

Le 07/03/2017 à 17h53 (78.239.**.***)
wam -
"(...)Blâmes, notes altérant leur dossier professionnel et la suite de leur carrière VOIRE se FAIRE POURSUIVRE EN JUSTICE (...)" qu'il fallait lire pour finir la phrase...et je t'assure que ce sont des réalités

allez tchuss
     

Le 07/03/2017 à 17h49 (78.239.**.***)
wam -
Au sens propre "les" autistes, ne sont pas sourds mais développent bien au contraire une hypersensibilité de l'ouïe....Au sens figuré, une personne atteinte de qques maladies que ce soit altérant  ses fonctions mentales ou cérébrales ou cognitives (ou ce que tu veux) n'est pas un con et ne peut-être traité comme tel....cela corrobore avec l'adage populaire simple "fou mais pas con" ...

alors un gars qui se présente à être le représentant politique du pays de "tous les français", clamant haut et fort une éthique personnelle sinon rien... devrait, au sens raisonnable de l'ordre du commun, franchement faire attention à ce qu'il dit voire fermer sa gueule purement et simplement...Des travailleurs sociaux au jour d'aujourd'hui (ne se font pas virer pour ça je n'irais pas jusque là) mais peuvent prendre de bons blâmes voire des notes qui altèrent franchement leur dossier professionnel et parfois la suite de leur carrière pour moins que ça...

L'éthique, le respect, c'est une affaire de tous pour tous...

Ligne de défense complètement irrecevable et indéfendable.

Enfin "se faire enculer" comme tu dis au sens PROPRE comme au sens FIGURE si JE N'AI PAS ENVIE, ça met fin nettement à ton exemple tiré par les cheveux (ou les oilpé du cul si tu préfères.)

 Je suis le premier à rire de tout franchement mais là je crois que politiquement la Frââââââânce a largement atteint les abîmes...bientôt à force de plonger  au plus profond on va finir par rencontrer le commandant cousteau...c'est dire...

wakenwoll

Le 06/03/2017 à 23h16 (88.189.**.***)
Nebo - "Sens propre" et "sens figuré"...

L'autre soir, sur France 2, durant le Journal télévisé, François Fillon a eu le culot de déclarer qu'il n'était pas autiste, le répétant plusieurs fois d'affilé. Dés le lendemain SOS Autisme France tweetait : "Stop aux clichés", exigeant ni plus ni moins des excuses ainsi qu'une rencontre avec l'ancien Premier ministre.

J'en reste coi.

Il parait que cela révèle son "autistophobie" !

Dieu merci, il n'a pas proclamé qu'il n'était pas sourd aux critiques de son propre camp, ce qui aurait réveillé la lie des malentendants !

S'il avait malencontreusement dit qu'il n'était pas aveugle aux questionnements des Médias à l'encontre de son épouse, peut-être que les mal-voyants se seraient fait entendre !

Il n'a pas juré qu'il avait toute sa tête ! Peut-être qu'en raison de ceux qui n'ont plus la leur une clameur à l'unisson serait montée de tous les hôpitaux psychiatriques du pays ?! On se le demande !

J'ai bien réécouté son intervention, désormais disponible sur la Toile, et il n'a pas pas eu l'outrecuidance de déclarer qu'il avait bien les pieds sur terre. Ouf ! Nous l'avons échappé belle ! Sinon les tétraplégiques et les culs-de-jatte l'auraient cloué au pilori de leur mépris !

Si il avait gardé le silence ou, pire, affirmé de manière volontariste qu'il n'allait pas rester comme s'il n'avait plus de langue, assurément les muets y auraient vu une atteinte à leur handicap !

Pierre Dac disait : "C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !" Il semblerait cependant que l'exercice soit de plus en plus périlleux dans une France où, en raison du Politiquement correct l'on ne sait plus faire la différence entre "sens propre" et "sens figuré"... Il faut dire que le niveau de l'intelligence générale a drastiquement baissé.

Aussi je vais faire l'effort de vous expliquer la différence entre "sens propre" et "sens figuré". Vous allez voir, c'est très facile. Se faire enculer au sens propre, cela peut être très agréable. Sachez-le. Mais se faire enculer au sens figuré, cela ne l'est jamais... même lorsqu'on est un vaillant pédé ! Pigé ?


 

Le 06/03/2017 à 11h04 (86.252.***.***)
Stéphane -
En passant, de sensibilité de gauche beaucoup auraient voté Juppé, beaucoup,  mon humble avis, exemplarité de discours et compréhension de sa décision, même si je la regrette.

Le 23/02/2017 à 08h13 (86.252.***.***)
Stéphane à Nebo -
Je veux faire court, et pudique, mais je n'y arriverai pas trop.
Si je te dis que je n'ai pas eu le temps, c'est le cas de tout le monde et je suis bien au courant, ce qui se trouve c'est que dans mon temps libre je ne trouve pas le calme nécessaire pour bien écouter votre album.
Pardon pour le fait de raconter ma life, je tiens à vous écouter.
Ce que je veux dire c'est que c'est sympa de dire qui a écrit les paroles, de m'éclairer un peu sur Venice et à bientôt pour te dire ce que j'aurai ressenti à l'écoute.
Bonne journée à toi et à tous.

Le 19/02/2017 à 00h30 (88.189.**.***)
Nebo -
Le chanteur... c'est lui qui a fait tous les textes du deuxième album...

Le premier, c'était lui... et, pour certaines chansons, c'était Boris Bergman... 

Au tout début début début... les chansons étaient en anglais... puis on est passé au français... avec quelques rares chansons en anglais ici et là... 

Si le groupe devait exister encore aujourd'hui, je pousserais le chanteur à écrire en anglais, au point où en sont les choses, et à faire ce que son coeur lui dicte... plutôt de chercher à nous conformer à des désidératas culturel supposé "particuliers" franchouillards... ce qui le pousserait peut-être, aussi, à écrire en français (qui sait ?)... mais l'anglais, à l'époque, c'était sa pente naturelle... et il le maîtrisait très bien à tous les niveaux ! Au niveau de l'écriture, du sens, comme au niveau de son accent... etc... etc... 

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Exemple, du premier album : "7 Seas" : 

The pedigrees have bought you
And sent me out of the tribe
True love’s in a sorry plight

The midnight hour now gives me such a thrill
I search on all fours two hundred days a year
The journey’s tough and gives me such a trial
Sometimes love is so inspiring

That’s why I travel the 7 seas
I cover the ground to see my babe
And I’ll cover it endlessly

Show me the way, if the pedigrees have left you alone
Show me the way, I’m puzzled and chilled to the bone
The journey’s tough and gives me to understand
That sometimes love is so despairing

Oh she cut me down, when she picked my heart
That’s why I travel the 7 seas
I cover the ground to see my babe
And I’ll cover it endlessly
(x2)

I travel the 7 seas
I cover this ground to see my babe
And I’ll cover it endlessly
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Le 15/02/2017 à 02h07 (86.252.***.***)
About Venice -
Toujours pas eu le temps d'écouter l'album en entier, c est que je veux le faire très attentivement
Quand même, en regardant les titres, qui a signé les paroles en français ? Dans mon souvenir, quand le groupe a été évoqué par ici, vous parliez de chansons en anglais, non  ?

Le 12/02/2017 à 23h54 (86.252.***.***)
Stéphane à Nebo -
J'utiliserai la journée de demain pour écouter Venice  

Le 10/02/2017 à 01h59 (86.252.***.***)
Stéphane à Nebo -
Les  smileys que tu as choisis, je les comprends comme pour dire , et ces quelquefois que Venice a été évoqué j'ai eu pas mal d'absences de l'Internet, pour x raison, par périodes, je ne me souviens pas de vous avoir écouté.
Merci donc de ton renseignement, et dans tres peu de temps j'écoute, avec toute l'attention que je veux y mettre, votre deuxième album.
Encore un post donc, pour dire que si je met 24 h avant deux écoutes de Venice, avec calme et recul, ce sera fait.
comme tu as sur fb : Long live rock'n'roll !

Le 09/02/2017 à 20h14 (88.189.**.***)
Nebo -
Tiens... 

Notre deuxième album... que je sais même pas comment il s'est retrouvé sur Deezer... 

http://www.deezer.com/album/6799376

Le 09/02/2017 à 20h09 (88.189.**.***)
Nebo -
Et d'où, Stéphane, que tu connais VENICE ???    

Le 09/02/2017 à 02h55 (86.252.***.***)
steph again -
Nebo, instructif je ne sais pas ce que ça veut dire,sinon que j'ai pris plaisir à lire cet interview.
Volonté de préciser que je veux écouter Venice, car je t'avoue un de mes nombreux défauts, depuis le temps je ne crois pas m'être intéressé à ce groupe.
Et puis y aussi la conscience de trop intervenir de ma part sur tous les forums, il y aura moins de posts mais ce plaisir à passer ici, chez Louis.
Salut à toutes et tous

Le 08/02/2017 à 08h15 (86.252.***.***)
Stéphane à Nebo -
Très instructif.Où puis-je écouter Venice sur le Net ?

Le 05/02/2017 à 19h13 (88.189.**.***)
Nebo - La Papesse du GENDER déboulonnée

Publié dans Le Point n°: 2315, du 12 Janvier 2017

 


Sabine Prokhoris

Pilori. Un Livre démonte l'oeuvre de la philosophe américaine Judith Butler, pourtant célébrée pour ses travaux sur les minorités.

Avec son ouvrage phare, Trouble dans le genre, publié en 1990 aux Etats-Unis et traduit pour la première fois en France en 2005, la philosophe américaine Judith Butler est devenue la représentante la plus connue et la plus subversive des gender studies, ce courant des sciences humaines qui vise à distinguer le sexe physiologique de l’identité sociale et psychique. Elle-même lesbienne militante, la chercheuse récuse la norme biologique et invite à s’interroger sur les comportements sexuels marginaux — transgenre, transsexualisme, bisexualité, travestisme — pour mieux bousculer l’ordre hétérosexuel supposé culturellement établi. Epouvantail de La Manif pour tous, mais largement célébrée par une certaine gauche non seulement pour son travail sur le genre mais aussi pour sa défense résolument antiuniversaliste de toutes les minorités, Butler est, en France, une figure incontournable dont on débat des options de fond mais rarement de la légitimité intellectuelle. Or la psychanalyste et philosophe Sabine Prokhoris, qui a lu attentivement la prolifique œuvre butlérienne, ose aujourd’hui dénoncer une imposture. Dans un ouvrage extrêmement critique, Au bon plaisir des « docteurs graves » (PUF), elle relève les approximations, raisonnements tautologiques, contresens et fausses citations qui jalonnent, selon elle, les ouvrages de Judith Butler et s’interroge sur leur réception fascinée en France. Les défenseurs enamourés de la philosophe américaine l’ont-ils vraiment lue ? Interview.

Le Point : Comment vous-êtes-vous intéressée à Judith Butler ?

Sabine Prokhoris : Ayant travaillé sur les mêmes questions et connaissant ses positions sur les droits LGBT, j’avais un a priori plutôt favorable. J’avais déjà lu, plus ou moins attentivement, la plupart de ses ouvrages, mais je dois dire qu’ils ne m’avaient guère convaincue. Et puis j’ai découvert sa tribune publiée dans Libération au lendemain des attentats du 13 novembre (« Une liberté attaquée par l’ennemi et restreinte par l’État » - Libération, 19 novembre 2015), et j’ai senti monter alors une forte colère, mêlée de consternation intellectuelle. Traiter du deuil collectif que nous étions en train de vivre comme elle le faisait — en le soupçonnant d’exprimer un partage entre les vies « dignes d’être pleurées » (les nôtres, ici, en Occident) et celles qui ne les seraient pas, en assénant des absurdités sur les bénéfices que les Parisiens auraient tirés ce soir-là de leur soumission supposée à l’état d’urgence —, j’ai trouvé cela obscène et stupide. Or j’ai eu le sentiment que ce qu’elle disait là n’était pas un accident, mais résonnait au contraire avec l’ensemble de ses travaux. Il m’a donc semblé nécessaire d’aller y voir de plus près. D’où ce travail, qui fut très ingrat à mener.

Le Point : Pourquoi ?

Sabine Prokhoris : Parce qu’elle est le plus souvent illisible, qu’elle jargonne en permanence, et je pense que beaucoup de gens, lisant Judit Butler, en concluent qu’ils sont trop bêtes pour comprendre, alors que sa prose est réellement absconse. Cela fait partie du tour de passe-passe : vous ne saisissez pas, c’est donc que tout cela est très intelligent. Et surtout parce que ses raisonnements théoriques sont précieux, donc compliqués à suivre. Mais elle est le chevalier blanc des « minorités » la cible de la droite conservatrice. La Manif pour tous en tête, et cela semble lui conférer une légitimité intellectuelle et politique automatique.

Le Point : Vous parlez d’imposture, c’est fort…

Sabine Prokhoris :Oui, mais les falsifications qu’elle inflige aux textes qu’elle utilise pour ses démonstrations — la plus flagrante étant celle qu’elle fait subir au philosophe Emmanuel Levinas, à qui elle attribue d’ignobles propos — sont un signe. Il y a des règles au débat intellectuel, et elle ne les respecte pas.

Le Point : Freud, avec sa théorie du complexe d’Œdipe, serait d’après Judith Butler l’un des grands artisans de la domination hétérosexuelle.

Sabine Prokhoris : Que la vulgate psychanalytique, qui véhicule une version figée et simpliste de ce fameux complexe d’Œdipe, soit au service d’un discours normalisateur, c’est un fait indéniable, et je n’ai cessé de le critiquer moi-même. Mais, malgré le conservatisme bien réel de la corporation, je crois, au contraire de ce qu’affirme Butler, que la psychanalyse freudienne a beaucoup contribué à dissoudre les supposées « évidences » sur la question sexuelle.

Le Point : Pourquoi le féminisme de Judit Butler vous semble-t-il problématique ?

Sabine Prokhoris : Pour répondre de façon très sommaire, parce qu’une Afghane qui prétendrait, dans le contexte de l’après-11 Septembre, jeter aux orties sa burqa (une tenue traditionnelle issue d’une culture patriarcale rigoriste et qui fut imposée par le régime taliban), sera considérée, dans le « féminisme » butlérien qui est antiuniversaliste, comme une complice de l’impérialisme « occidental »…

Le Point : Si sa pensée est aussi faible que vous le dénoncez, comment expliquer l’estime dont elle jouit, aux Etats-Unis et aujourd’hui en France ?

Sabine Prokhoris : L’adhésion à un discours, fût-elle parée du plus chatoyant plumage académique, ne constitue pas à mes yeux une preuve de validité. Et ce succès planétaire demeure pour moi une énigme. Mais il est vrai qu’en philosophie une ère « post-vérité » prospère depuis plusieurs décennies, notamment outre-Atlantique. On y postule, à la suite de Roland Barthes et des quelques autres, que le réel est tout entier réductible à des discours et à des constructions rhétoriques. La critique « radicale » que met en œuvre la pensée de Butler, qui consiste juste à « déconstruire » ce qui n’est qu’un « récit », au moyen d’une rhétorique concurrente plus puissante, plus autoritaire, plus habile, plus intimidante en somme, se suffirait en quelque sorte à elle-même. Dès lors, peu importe la vérité, la force du discours butlérien tient à sa réception fascinée. Moins vulgaire que Trump, certes. Mais pas moins inquiétant dans la production de maîtres à ne pas penser.

EXTRAIT

« Vous n’y comprenez goutte ? Cela vous paraît quelque peu embrouillé ? Vous saisisssez mal comment la sexualité (celle qui est minoritaire) et la religion (celle supposée des "dominés") se trouvent mises sur le même plan ? Vous ne saisissez pas vraiment non plus en quoi la laïcité en France et la condamnation par le pape de l’homosexualité vont de pair (d’autant que, soit dit en passant, le pape considère, tout comme J. Butler, que "la France exagère la laïcité") ? Vous avez même peut-être l’impression que l’auteure a sélectionné quelques notions en débat aujourd’hui, les a fourrées pêle-mêle dans un chapeau, a vigoureusement secoué le tout, pour ensuite piocher là-dedans et les assembler ensuite au petit bonheur ? Vous n’y êtes pas. Le rouleau compresseur idéologique de l’amalgame est ici un outil nécessaire, et tant pis si la mixture est indigeste. L’idée générale de ces lignes, qui viennent conclure un texte extraordinairement confus — une confusion qui n’est pas imputable à une mauvaise traduction —, est somme toute assez simple, sinon simpliste : que les "minorités", qu’une seule et unilatérale entreprise d’assujettissement discriminent, s’allient au lieu de se laisser dresser les unes contre les autres par le pouvoir qui les constitue comme telles (c’est bien toujours la même histoire). »


Judith Butler (Cliquez sur la photo)

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SOURCE : par Violaine de Montclos pour LE POINT

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Le 02/02/2017 à 15h05 (86.252.***.***)
Stéphane à Nebo again -
Je commence une deuxième lecture de tout ce que tu as publié.
Je n'ai pas goût à faire plaisir à tous bouts de champs, donc je peux te dire que c'est un éclairage que j'apprécie.Il y a beaucoup de "je" mais je t'explique pourquoi, ce matin en prenant un café dans un bar où il y avait BFM TV,l' on parlait de relancer l'ascenseur social dont que l'on me disait possible quand j'étais môme, dans ce que tu m'écris je crois comprendre pourquoi c'est "foiré".Réflexion pertinente ? Suis pas sûr, il y a beaucoup plus à lire dans ce que tu dis. C'est pourquoi je n'ai rien à ajouter, je veux simplement préciser que ce "je", faut l'excuser pour avoir évoqué une expérience personnelle en ce qui concerne le droit des femmes à l'avortement. Ce n'est pas une bonne façon de donner son avis.
Une relecture donc, de ce que tu écris, j'attendrai la suite avec plaisir.


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